Le leadership en tongs : ce que vos vacances disent de vous
Imaginez un dirigeant flottant sur un matelas gonflable, en costume-cravate et smartphone à la main. Scène amusante ? Pourtant, beaucoup de leaders ont du mal à lâcher prise même en vacances. À la plage ou au bord de la piscine, ils restent mentalement au bureau, preuve que vos vacances peuvent révéler votre style de leadership. Et si, au contraire, adopter le leadership en tongs – plus décontracté et confiant – était bénéfique pour vous et votre équipe ? Dans cette newsletter estivale, nous ouvrons la réflexion sur ce que votre attitude en congés dit de votre posture managériale, avant d’explorer plus en profondeur comment détente, confiance et culture d’équipe vont de pair. Prêt à découvrir comment devenir un meilleur manager, même sur la plage ? Bonne lecture, et rendez-vous en fin d’article pour des pistes concrètes à appliquer dès la rentrée !
1. Ce que nos vacances révèlent de notre posture de leader
Vacances riment-elles pour vous avec déconnexion totale ou avec coup d’œil régulier à la messagerie pro ? La réponse en dit long sur votre style de leadership. Un manager capable de faire confiance à son équipe s’autorisera plus volontiers à décrocher. À l’inverse, celui qui garde un œil sur tout aura du mal à poser le téléphone – même les pieds dans le sable. Les chiffres confirment cette difficulté à lâcher prise : 71 % des Français répondent à leurs emails ou appels professionnels pendant leurs congés (et plus de la moitié le regrettent)forbes.fr. Ce besoin de tout contrôler traduit souvent un excès de contrôle et une confiance limitée dans la capacité de l’équipe à gérer sans lui.
Or, un bon leader sait que le monde ne s’écroulera pas en son absence. Au contraire, déléguer pendant les vacances est un excellent test de maturité managériale. Avez-vous suffisamment préparé et responsabilisé vos collaborateurs pour pouvoir partir l’esprit tranquille ? Si la réponse est non, vos vacances risquent de tourner en hotline professionnelle. C’est le syndrome du patron indispensable : on craint qu’une semaine off ne provoque le chaos, ce qui reflète souvent un défaut de délégation en amont. La clé pour déléguer efficacement, c’est la confiance – on ne peut pas tout faire soi-même, ni imposer ses solutions, sans finir par épuiser son équipe et soi-même. En fait, “le secret d’une délégation réussie, c’est de faire confiance : on ne peut déléguer sans accepter de s’en remettre aux autres”medium.com. Autrement dit, accepter de lâcher le contrôle pendant ses congés, c’est montrer que l’on mise sur la compétence et l’autonomie de ses collaborateurs.
Enfin, votre capacité à vraiment vous reposer en dit long sur votre intelligence de gestion du temps. De nombreux dirigeants reconnaissent l’importance de prendre du recul, sans pour autant passer à l’acte. Paradoxalement, 85 % des cadres dirigeants admettent ne pas s’accorder de temps de réflexion, alors même que 94 % affirment que cela améliorerait leur performancelinkedin.com. C’est souvent en vacances – loin du tumulte des réunions – qu’un leader réalise l’intérêt de lever le pied. Comme l’explique Jim Moffatt (CEO de Deloitte Consulting), si vous vous déconnectez vraiment, vous commencerez à réfléchir aux enjeux stratégiques de long terme, sur 9 à 24 mois – ce qui est essentiel pour le succès de l’organisationblog.purelyhr.com. En somme, savoir débrancher pendant les vacances est le signe d’un leader assez sûr de lui (et de son équipe) pour quitter ses chaussures de ville… et enfiler des tongs le temps nécessaire.
2. Détente, culture d’équipe et confiance organisationnelle : un parallèle éclairant
Votre attitude en vacances n’impacte pas que vous : elle envoie aussi un message à vos collaborateurs. Un dirigeant crispé, rivé à son écran depuis son lieu de villégiature, peut involontairement installer une culture de contrôle permanent. À l’inverse, montrer l’exemple en valorisant la détente et le droit à la déconnexion construit une culture d’équipe basée sur la confiance et le bien-être. En leadership, on parle souvent de leading by example : les managers qui prennent réellement leurs congés encouragent leurs employés à faire de même, ce qui améliore l’engagement à tous les niveauxblog.purelyhr.com. Après tout, qui se sent autorisé à déconnecter si « le boss » envoie des emails à minuit ou depuis son transat ? En cultivant un climat où prendre du repos est non seulement accepté mais encouragé, le leader instaure un contrat de confiance avec son équipe.
Cette confiance organisationnelle est bien plus qu’un concept flou – c’est un pilier mesurable de la performance collective. Les études le montrent : dans les entreprises à haut niveau de confiance, les employés sont 50 % plus productifs, 106 % plus énergisés et 76 % plus engagés par rapport à ceux des environnements de faible confiancemarie-claireross.com. Un climat de travail serein, où chacun se sent en sécurité pour donner le meilleur de lui-même, agit comme un cercle vertueux : plus de bien-être et de cohésion, donc plus d’initiative et d’efficacité. La détente n’est pas l’ennemie du travail, au contraire. Un collaborateur qui se sent soutenu et en confiance osera davantage exprimer ses idées, demander de l’aide en cas de difficulté, et sera moins tenté de faire du présentéisme pour « prouver » son engagement. Autrement dit, instaurer une culture où l’on peut respirer – à l’image de l’atmosphère détendue des vacances – favorise l’émergence d’équipes hautement performantes et résilientes.
Il existe un parallèle fort entre esprit d’équipe et ambiance de vacances réussies. Sur votre lieu de détente, chacun participe à sa façon : les uns préparent le barbecue pendant que les autres organisent une balade, et tout le monde profite du moment présent. Au travail, une équipe de confiance fonctionne de même : les rôles sont répartis, la parole de chacun compte, et l’entraide prime sur le contrôle excessif. Dans une telle culture, on peut relâcher la pression sans craindre le jugement, exactement comme on peut être soi-même en tongs parmi des amis de longue date. Les grands cabinets l’affirment, une culture d’entreprise solide et basée sur la confiance est un avantage compétitif : 94 % des dirigeants et 88 % des employés estiment qu’une culture forte est essentielle au succès de l’entreprisehumanside.io. En construisant une équipe soudée où il fait bon travailler, vous alignez détente et performance : vos collaborateurs se sentent bien, et une équipe détendue est une équipe qui gagne.
3. Transformer l’énergie de l’été en pratiques managériales durables
Le retour de vacances vous laisse souvent rechargé à bloc, des idées neuves plein la tête et de bonnes résolutions en pagaille. Comment ne pas retomber dès septembre dans le stress et les anciennes habitudes ? Voici quelques pistes pour transformer l’énergie positive de l’été en pratiques managériales durables tout au long de l’année :
Préserver du temps de réflexion : Gardez dans votre agenda des plages de calme pour penser, comme vous le faisiez en vacances en contemplant l’horizon. Bloquez-vous régulièrement un créneau sans réunions ni sollicitations pour prendre du recul. Rappelons-le, réfléchir n’est pas du temps perdu – c’est au contraire un investissement payant. Beaucoup de leaders doivent se l’imposer : 85 % n’accordent pas assez de temps à la réflexion stratégique malgré son impact prouvé sur la performancelinkedin.com. Ne faites pas partie de ce lot : inscrire la pause réflexive dans votre routine de manager vous aidera à prendre des décisions plus sages et créatives.
Installer un climat de confiance toute l’année : Ne réservez pas la déconnexion à la seule période estivale. Encouragez vos collaborateurs à équilibrer vie pro et perso, et respectez ce principe vous-même. Par exemple, évitez d’envoyer des emails le week-end ou tard le soir, et prenez vos congés sans culpabilité pour légitimer ceux de votre équipe. Montrez que vous faites confiance en déléguant des responsabilités claires et en acceptant que chacun puisse aborder les tâches à sa manière. Certes, faire confiance ne signifie pas abandonner le pilotage, mais plutôt guider sans micro-manager. Gardez en tête qu’environ un salarié sur quatre ne fait pas confiance à sa hiérarchie, et que nombre de dirigeants surestiment de 40 % le niveau de confiance dont ils bénéficientsloanreview.mit.edu. D’où l’importance de cultiver activement cette confiance : feedbacks réguliers, transparence dans les décisions, et valorisation des efforts contribuent à ancrer un climat serein. Une confiance solide réduit non seulement le turnover, mais aussi l’absentéisme et le stress – autant de gains pour la performance collective.
Capitaliser sur la cohésion et le bien-être : Profitez de l’après-été pour insuffler un peu de l’esprit team building que l’on retrouve lors des barbecues et tournois de beach-volley estivaux. Concrètement, pourquoi ne pas instaurer des moments conviviaux en équipe à la rentrée (déjeuners informels, partages d’expériences de vacances) pour renforcer les liens ? Faites le point avec vos collaborateurs sur ce qui leur apporte de l’énergie au travail et ce qui les motive, afin de prolonger l’élan positif. Par ailleurs, intégrez les principes du management bienveillant (management par le care) dans votre style de leadership : écoute active, reconnaissance régulière des contributions, empathie au quotidien. Ce sont ces pratiques, simples en apparence, qui maintiennent l’enthousiasme et l’engagement sur la durée. Des initiatives comme le bootcamp Management par le Care ou les sprints culture proposés par HumanSide peuvent d’ailleurs vous y aider, en outillant les managers pour qu’ils incarnent un leadership plus participatif et émotionnellement intelligent. L’objectif : faire perdurer toute l’année cette qualité de vie au travail que l’on goûte pleinement en vacances.
En conclusion, adopter le leadership en tongs ne signifie pas gérer son équipe en dilettante, bien au contraire. C’est reconnaître que la performance durable naît d’un savant équilibre entre exigence et lâcher-prise, entre travail et repos, entre contrôle et confiance. Vos vacances sont un miroir : elles reflètent vos forces et vos axes d’amélioration en tant que leader. Savoir déconnecter, c’est montrer l’exemple d’une gestion saine. Faire confiance à son équipe, c’est lui donner la chance de grandir et de faire ses preuves. Et entretenir toute l’année une culture où il fait bon travailler, c’est fidéliser les talents et doper la productivité bien plus sûrement que n’importe quel tableau de suivi. Même sur la plage, le bon manager prépare la rentrée : en rechargeant ses batteries, en laissant son équipe prendre le relais et en revenant avec l’envie de faire évoluer ses pratiques. Après tout, un leader qui progresse est un leader qui, même en tongs, inspire confiance et respect. Bonne reprise à tous – et n’oubliez pas d’emporter un peu de sable dans vos chaussures de ville !
Sources
Midena, M. (2020). « En Vacances, Les Français Ont Du Mal À Décrocher Du Travail », Forbes France forbes.fr.
Sharma, S. (2025). Post LinkedIn « Leadership & Reflection » citant Harvard Business Reviewlinkedin.com.
Sainz de Aja, A. (2023). « How To Delegate Effectively Without Feeling You Are Losing Control », Mediummedium.com.
Reichheld, A. & Dunlop, A. (2023). “How to Build a High-Trust Workplace”, MIT Sloan Management Reviewsloanreview.mit.edu.
Ross, M.-C. (2025). “Why High-Trust Cultures Are the Competitive Edge”, Marie-Claire Ross Blog marie-claireross.com.
HumanSide (2023). « Bootcamp Management par le Care » – Blog HumanSide humanside.io.
PurelyHR (2019). “Leading by Example: Why Executives Need More Vacation”, blog.purelyhr